Galerie d'YS | Revue de presse

Weekend Le Vif / L'Express (2002)
Arts Antiques Auctions (2003)
Le Vif / L'Express (2003)
Art Partners Center (2003)
La Libre Culture (Yasemin Senel) (2003)
La Libre Culture (Julia Dorado) (2003)
Art Partners Center (Caroline Pirotte) (2003)
Artenews (Caroline Pirotte) (2003)
Arts Antiques Auctions (AAA) (Caroline Pirotte) (2003)
Elle Déco (Caroline Pirotte) (2003)
La Libre Culture (Caroline Pirotte) (2003)
La Libre Culture (Jean-Gilles Badaire) (2003)
Art Partners Center (Jean-Gilles Badaire) (2003)
La Libre Culture (Moris Gontard) (2004)
L'Echo ( Mario Gigli) (2004)

La Libre Culture (Yasemin Senel) (2004)

Art Partners Center (Yasemin Senel) (2004)
Arts Antiques Auctions (AAA) (Yasemin Senel) (2004)
La Libre Culture (Andreas Grunert) (2005)
Art Partners Center (Andreas Grunert) (2005)
Arts Antiques Auctions (AAA) (Andreas Grunert) (2005)
L'Echo ( 'Papiers d'œuvres'- groupe) (2005)
La Libre Culture ( 'Papiers d'œuvres'- groupe) (2005)
Le Soir ( 'Papiers d'œuvres'- groupe) (2005)
Arts Antiques Auctions (AAA) (Jean-Gilles Badaire) (2006)
Le Soir ( Jean-Gilles Badaire) (2006)
La Libre Culture ( Jean-Gilles Badaire) (2006)
Mémoire de l'art ( Jean-Gilles Badaire) (2006)
La Libre Culture (Yasemin Senel) (2006)
La Libre Culture ( Georges Bru) (2007)
spacerarrow La Libre Culture ( Yvonne Cattier) (2007)
spacerarrow La Libre Culture ( Exposition de groupe) (2008)
spacerarrow Bruxelles News (Charlotte Marchand) (2008)
arrow La Libre Culture (Claire Fanjul & Stéphanie le Grelle) (2008)
spacerarrow La Libre Culture ( Papiers d'oeuvres - exposition de groupe) (2008)
L'Echo (Yasemin Senel) (2009)
  Art Libre (Yasemin Senel : Le Voyage d'Esther) (2009)

 


1. « Expo », Weekend Le Vif/L’Express, 29 novembre 2002, Anne Hustache.
VISION CONTEMPORAINE. Peint au XVe siècle par Jan Van Eyck, « L’Agneau mystique » a révolutionné l’histoire de l’art. L’agneau, symbole du sacrifice divin, fut un thème très abondamment représenté durant le Moyen Age. Ce thème, lié à la religion catholique, a dorénavant disparu des thématiques modernes. L’occasion pour cette exposition, organisée dans une nouvelle galerie bruxelloise, de reprendre ce symbole et regrouper principalement des peintures, des photos et des collages.

 

2. « Art Bruxelles », Arts Antiques Auctions, Guy Gilsoul et Wim Toebosch.
GALERIE D'YS. Les peintures de Yasemin SENEL sentent la forêt des sorciers, la terre des danses primitives, le feu des rites initiatiques. Dans un entrelacs de gestes et de signes, on suppose un corps, une feuille, un arbre. Un personnage se dresse. Il a l’allure d’un personnage de Basquiat. Il ne vient pas d’ici et se cherche une identité. Il chasse, il passe entre les bleus vifs, les ocres verts et les coulures rouges. Il côtoie le loup noir et peut-être un serpent. Il voit un oiseau, tracé finement au trait, une fleur pousse à l’avant-plan. Le peintre remplit les vides, remplit les formes puis, soudain, tout s’immobilise. L’œuvre peut quitter l’atelier.

 

3. « Culture », Le Vif/L’Express, 9 mai 2003, Guy Gilsoul.
Art : Expressionnisme pas mort. […] Dans le même registre, mais davantage marqué par l’univers de Basquiat, notons le retour aux cimaises de Yasemin Senel. Autant De Poortere construit, autant Senel se plaît dans le surgissement des figures, masques et autres fragments venus des profondeurs de ses forêts intérieures.

 

4. « Art Partners Center », Artpartnerscenter.com, Anita Nardon.
YASEMIN SENEL. Yasemin Senel (1953) est née en Turquie mais tout comme son compatriote Mehmet Aydogdu, elle a étudié à Liège, les voies de l’émigration ont parfois de ces détours ! Etudiante, elle emporte le prix Liard et le prix Jamar et à peine sortie de l’Académie, elle plonge dans le monde des expositions où elle révèlera au fil des années un tempérament très particulier. Fleurs, pesonnages et éléments de natures mortes se mélangent en un mariage aux couleurs puissantes, véritable kaléidoscope qui retient le regard. Les choses se sont un peu calmées avec le temps mais la multiplicité de l’image reste de mise. Une chute de cheval ne peut être ordinaire, on y devine des traces de conquérants traversant les contrées désertiques. Ailleurs l’œuvre est au rouge avec palmiers au bord d’oasis où rode le danger. Plus sobre est le prophète-pèlerin seul sur la route si ce n’est la présence d’un grand chien-loup et d’oiseaux qui le suivent discrètement. Ainsi, au fil des œuvres, le spectateur peut se raconter une histoire de peaux-rouges ou subir la menace d’un aigle noir. A l’acrylique ou en techniques mixtes, Yasemin Senel s’exprime avec une grande liberté d’invention mais de la rigueur dans l’exécution. Un beau tempérament de peintre. www.artpartnerscenter.com

 

5. « Expositions », La Libre Culture, 28 mai 2003, Roger Pierre Turine.
Peaux-Rouges et Aigles Noirs
Images votives de Yasemin Senel
On l’avait connue aux commandes d’une palette expressive et tranchante, on la retrouve, avec le même plaisir, dans un registre sinon totalement différent, du moins plus allusif, davantage empreint de réminiscences sacrales. Yasemin Senel, la quarantaine entamée, joue avec efficacité le rôle d’une espèce de voyante habile à remonter un temps différent, puisqu’il relève d’idéologies et d’empreintes dont le monde pare toujours, quelque part, son imaginaire.
Illusions, croyances et vérité sont emblématiques de ses développements plastiques quand collages et effusions lyriques se combinent pour nous fomenter de chatoyantes diversions historiques entre culture et réinterprétation des événements, des traditions. Oscillant entre des évocations de Négus, de l’Agneau mystique, de l’Aigle noir indien, du pèlerin de passage, Senel dynamise et diversifie avec beaucoup de verve et de couleurs notre champ optique.

6. La Libre Culture - 1 octobre 2003, Roger Pierre Turine.
Julia Dorado
Venue d'Espagne, Julia Dorado a longtemps pratiqué l'informel avant de s'en venir à une peinture volontiers par-tagée entre figuration et abstraction. La peinture est sa quête primordiale. Ce qui se ressent bien quand on aborde un travail auquel le collage apporte également une valeur ajoutée. Si les grands formats peuvent laisser une impression de fourre-tout déclinant une lecture approximative, ses petites natures mortes sont si sensibles, si concentrées qu'on a du mal à s'en détacher. Une découverte incontestable et le désir déjà d'en voir davantage. (R.P.T.)

-

7. « Art Partners Center », Artpartnerscenter.com, Anita Nardon

CAROLINE PIROTTE
Caroline Pirotte est née à Verviers (1971), a étudié à La Cambre et elle pratique avec un égal bonheur la peinture à l'huile, la technique mixte, le collage, le monotype, la gravure et le dessin au fusain. La vie l'ayant menée vers Liège, elle s'est davantage tournée vers l'Allemagne et a peu exposé à Bruxelles. Ses huiles et techniques mixtes sur toile ont quelque chose d'Italien dans la représentation de l'humain qui occupe souvent le premier plan. Il y a une forte vibration dans cette présence anonyme, un rien mystérieuse mais chaleureuse. Dans ses dessins à l'encre de Chine quelque chose se passe dans le non-dit. Les silhouettes ont gagné encore en mystère et leur rôle semble d'être des interprètes de quelque grande œuvre musicale. L'artiste (peu connue dans la Capitale) a surpris tout le monde en emportant haut la main le concours Charles Swyncop de l'an dernier à Ixelles. Son œuvre à la fois tendre et forte balance entre vigueur et fragilité, ce en quoi elle est à l' image même de l'homme et de ses contradictions. A découvrir absolument.
Anita NARDON.
www.artpartnerscenter.com

8. Artenews, novembre 2003, Justine Jacquemin
L’HUMANISME PICTURAL DE CAROLINE PIROTTE
Il existe pour un peintre bien des façons de se livrer au blanc vertigineux de la toile. Tant de risques aussi d’évacuer cet attrait premier du vacant pour en combler à tout prix le souffle qu’il recèle au profit des « choses ».
Caroline Pirotte, quant à elle, retient de cette surface les éblouissements possibles, les apparitions prêtes à affleurer pour qui sait les susciter et modérer, de celles qui s’imposent, les plus prégnantes manifestations. Dans cette zone encore indéfinie de l’acte, elle réfute l’anecdote du lieu pour exalter le champ de l’oeuvre. Accueillir, donc, au sein même de la surface. Sur elle et en elle, par le tracé d’abord léger, poser la matrice des genèses à venir. Le trait, alors, peut s’aiguiser. Précis, il se fait successivement ombre et objet, il tisse ses réseaux dans un espace limpide, libéré. Au dessin se mêle le fluide, la peinture qui dresse les plans d’un monde aux structures apparentes. Ces deux variables se soutiennent, se lient, se repoussent parfois, revendiquant leur identité propre. En surgissent ainsi de légères architectures auxquelles répondent les obscures volontés de la peinture et de l’encre. Mais le geste est toujours confiant, mature, impeccable. Les couleurs discrètes, mais pas éteintes, sont encore vibrantes du feu qui les a traversées. C’est une peinture qui emprunte à la terre et à l’homme; elle puise dans la première ses teintes et ses matières, tandis qu’elle fait du second son sujet principal. Le monde évoqué à travers ces toiles est construit autour de l’homme qui en est le dieu et l’unique créature, être d’avant les schismes et les heurts, harmonieusement uni à son milieu. Caroline Pirotte développe un réel humanisme pictural; plaçant l’homme au centre de ses interrogations artistiques, elle en fait le sujet de son étude et de son œuvre. À rebours du post-modernisme actuel, éreintant de citations stylistiques, elle renoue avec l’essence même de l’esprit de la Renaissance. Celui-là qui, tentant de se libérer de ses fétiches et de ses ombres, aspirait à une connaissance lumineuse et objective de l’être humain. Elle y ajoute cependant une dimension plus actuelle: celle du doute existentiel qui relativise les triomphantes avancées du savoir. C’est pourquoi, justement, ses personnages en attente évoquent également des temps plus primitifs, où, confronté à lui-même et à un environnement indompté, l’homme cherchait sa place. Quête inassouvie de notre humanité toujours fragile, après des millénaires de civilisations et des centaines de dieux…
Outre ce voyage temporel, la peinture de Caroline Pirotte est la métaphore d’une introspection, la représentation épurée et grave de l’âme humaine. À l’issue de ces méditations sensorielles, chaque tableau est la projection d’un certain niveau de conscience. Les encres évoquent des réminiscences enfouies, les toiles révèlent l’expression de l’instinct et des pulsions élémentaires.
Caroline Pirotte est une jeune peintre. À trente ans, elle maîtrise une œuvre ambitieuse, intelligente et sensible qu’elle a incontestablement les moyens de prolonger pour notre fascination future. Elle a encore à nous donner de troublantes interrogations, avec une foi absolue dans l’acte de peindre.
Justine Jacquemin

 

9. Arts Antiques Auctions, novembre 2003, Roger Pierre Turine.
L'œuvre de Caroline PIROTTE s'enracine dans une manière qui prit son essor avec les retours à la figuration des années 80. Le propos se concentre sur l'apparition de la figure humaine dont l'émergence des fonds, souvent noyés par l'encre ou la térében-thine, se fait au prix de petites luttes graphiques et de bagarres entre contour et volumes, apparitions et disparitions, taches, tracés et hasards. Les plages, les feuillets se lisent ainsi par ruptures d'échelles inter-posées, espaces distendus, fragments ajoutés, face, profils et calligraphies spon-tanées. L'homme, donc, s'y lit. Ce sont des pages d'écriture.

 

10. Elle Déco, novembre 2003, Nadine Neuckens.
CAROLINE PIROTTE
Ou une extraterrestre aux œuvres vraies... N'a-t-elle pas eu ce privilège de se voir consacrer une exposition personnelle à la Galerie D'Huysser au Sablon quelques mois seulement après l'obtention de son diplôme... Certains ont parlé d'intrusion dans les espaces ouverts, d'éblouissement, d'œuvres à double métaphore, d'un nouvel ordre des choses... Ne faut-il pas simplement apprécier son travail d'affleurement du sensible et de la réflexion... Quoi qu'il en soit, la performance est artistique.

11. La Libre Culture - 5 novembre 2003, Roger Pierre Turine.
Les espaces habités de Caroline Pirotte
C'est en combinant astucieusement forme et expression que Caroline Pirotte nous intime le désir de pénétrer ses images en ne les prenant pas d'abord pour ce qu'elles sont au premier degré, de subtiles et superbes mises en scène du drame humain, mais plutôt pour ce qu'elles ont de fondamental : leur part de mystère, leur implication identitaire. Ce qui n'empêche nullement, au contraire, que l'on tienne compte de la qualité formelle, si effective en l'occurrence, d'une mise en espace au moins aussi interpellante que la tension dégagée. Ces qualités conjuguées sont particulièrement captivantes dans les petites œuvres, plus dépouillées, plus "urgentes", plus lisibles. (R.P.T.)
-

12. La Libre Culture - 24 décembre 2003, Roger Pierre Turine.
Badaire peintre et illustrateur
On ressent sa peinture nerveuse et tendue comme le don d'une imagination fertile et sereine. Jean-Gilles Badaire avait exposé à Bruxelles il y a une décennie. Le retrouver aux. cimaises ou en regard d'écrits est un plaisir d'autant plus vif que l'artiste est allé son chemin devant lui. Grandes bâches peintes et techniques mixtes sur papier s'y disputent le rôle de nous aguicher avec des urgences, des trouvailles, une poésie au diapason des jeux de couleurs, des rêves d'Afrique, de ces bouts de natures plus vivantes que mortes. Réjouissances plastiques, les œuvres de Badaire déclinent des odeurs, des saveurs, des libertés toniques et sensibles, un imaginaire omniprésent. (R.P.T.)

13. « Art Partners Center », Artpartnerscenter.com, Anita Nardon.
Jean-Gilles Badaire (1951) a exposé en galerie chez nous en 1992. C'était à La Papeterie où ses toiles fortement imprégnées de couleurs, traitées en technique mixte semblaient faire appel à des souvenirs d'enfance. Et puis un certain silence s'est installé chez nous mais l'artiste n'a pas cessé d'exposer (et de travailler) et de Blois à Lyon, de Tarbes à Strasbourg, il a maintes fois signalé sa présence. Quant aux collectives elles sont vraiment très nombreuses sur son parcours. Il revient à Bruxelles pour une exposition de maturité. On y retrouve les techniques mixtes et le goût d'une couleur souvent très dense qui joue pratiquement le rôle d'un personnage aussi bien dans les toiles que dans les œuvres sur papier. Il y a des sortes de fruits savoureux et tentants, des évocations d'ambiance ou des rêves animaliers où le plus bête n'est pas toujours celui que l'on croit. Les animaux de Badaire ont si bien regardé les humains qu'ils en ont pris les tics et les manies. Dans cette œuvre hors des courants à la mode, une sensibilité. frémissante marque chaque création. Il s'agit tout simplement de sentiments humains exprimés librement et qui toucheront la sensibilité du visiteur.
Anita NARDON.

14. La Libre Culture - 3 mars 2004, Roger Pierre Turine
Les couleurs de Moris Gontard
Nantais de 64 ans, Moris Gontard, a démarré jeune dans la peinture. Avec des fortunes diverses jusqu'à sa participation à la Biennale de Venise en 1978. Depuis lors, sa présence s'est affirmée tous azimuts et son actuelle exposition bruxelloise confirme un talent qui, loin de se dérober aux aventures, s'est imposé de constantes explorations. Peinture, matières, couleurs ! Construction et liberté.
La démarche de Gontard est essentiellement celle d'un peintre ardent dans le combat avec la toile ou le papier. En dehors de toute spéculation de mode, l'artiste se joue autant de la figuration que de l'informel, associant volontiers ces deux paramètres de l'art moderne en une seule et même entité. Ce qui nous vaut de solides morceaux d'une expression architecturée dans une profusion de sonorités en tous genres. Car cette peinture-là est aussi musique. Et danse, quand ses accords effervescents vous entraînent dans une sarabande spirituelle du meilleur effet.
Ne redoutant ni les épaisseurs, ni les engorgements chromatiques, Gontard déploie ses images avec la force d'impact de celui qui se donne à fond à sa tâche de révélateur d'émotions. Mais un révélateur qui aurait accordé à la peinture des droits exclusifs d'investigation. Son travail sur la couleur est omniprésent, vous saisit par sa franchise et n'a d'égal que sa faconde à varier les intensités, du jaune au mauve, du vert au rouge, toutes déclinaisons de tons à l'appui d'une palette sourde aux atermoiements.
La peinture de Gontard s'apprécie dans la gourmandise, tant elle est éclaboussante de ferveurs, de références, de bonheurs dissous dans la matière. Un vase ici, une église là-bas, un faune plus loin, une ombre aussi... Les points d'ancrage dans la réalité ou l'imaginaire s'y fondent dans un halo de couleurs vibrantes, tactiles, chaudes et magiques.
Roger Pierre Turine

15. L'Echo - 4 juin 2004, Colette Bertot
LES PETITES SCENES DE MARIO GIGLI

Mario Gigli? Une découverte.
Une heureuse surprise... ça arrive!
Au détour des rues d'Ixelles, une petite galerie sans prétention expose quelques œuvres de Mario Gigli. Un nom déjà qui sonne comme une mélodie italienne...
Un travail ensuite qui transpire la spontanéité et ce n'est pas fréquent. Coup de cœur, on l'avoue,pour les toiles de Mario Gigli, né à Mont-sur-Marchienne en 1956 et qui étudia la photographie aux Beaux-Arts de Charleroi bien avant de passer au pinceau, ce qui lui valut de participer à de nombreux concours dans cette discipline et de glaner de nombreux prix.
Changement de cap. En 1996, notre homme obtient un diplôme en peinture à l'Académie des Beaux-Arts d'Ixelles. Depuis, il transpose sur toile, toujours marouflée, de petites scènes, à décrypter comme des hiéroglyphes racontant une histoire. Rien à voir avec de la bande dessinée, les petits personnages de Gigli s'activent avec le plus grand sérieux dans de petites cases qui sont autant de mo-ments de vie dont l'artiste ne retient que l'essentiel.
Les coloris sont pastels et doux, déclinés dans la gamme chromatique des beiges, des gris, des bleus pâles d'une discrétion retenue.
Les anecdotes se déchiffrent comme on ferait un jeu de piste, en avançant à petits pas et en veillant à ne perdre aucun moment de l'aventure.
Dans cette optique, cherchez La chèvre de Monsieur Seguin. Traquez les palabres, le piquet, la fuite, la corde toujours plus courte, l'approche du loup et l'issue fatale.
A la façon dont l'artiste peint ses personnages en négatif, on sent ici qu'il fit ses premières armes en photo. Ces images un rien effacées vont chercher leur origine au tréfonds de la mémoire et, quelque part, nous font complices de leur rythme endiablé. Elles reflètent, à leur façon, tous les sentiments humains — de la tendresse à la colère, de la tristesse à la joie — si difficiles à exprimer avec de simples mots.
Les toiles de Gigli, grouillantes de vie, disent les souvenirs effacés d'un homme, parlant de lui par dessins interposés.
Voyez 'Le jeu des familles' décomposées, recomposées?… Ils sont tous là. Les parents,les gamins,la leçon de musique ou la petite bouffe du dimanche. Le ballon, le clebs, la pose-réflexion, la discorde, la réconciliation.
Tout est dit dans la simplicité, avec une délicatesse extrême et un sens du dialogue qui laisse rêveur.
L'art de Gigli ne se contente pas de raconter la vie, il la met aussi en musique.
Colette Bertot

17. La Libre Culture - 24 novembre 2004, Roger Pierre Turine
L'art surprenant de Senel
Yasmine Senel n'aime rien tant que se surprendre elle-même! Il faut la voir, l'entendre évoquer, en toute modestie et sans l'once d'une fanfaronnade, la genèse de tel ou tel de ses tableaux pour saisir à quel point l'artiste s'y est impliquée corps et biens sans savoir, au départ, quel en serait l'aboutissement ou, mieux encore, de quelle image forte il serait le riche détenteur. Senel entre, en effet, en peinture comme d'autres vont à l'abordage d'une entreprise dont ils ne mesurent point quelle en sera l'issue... Pourvu qu'issue il y ait.
Peintre et artiste jusqu'au dernier poil de son pinceau, de sa boîte à couleurs, de son registre secret d'images fortes, Yasmine Senel est une artiste pure, viscéralement éprise de l'aventure de la création. C'est face à sa toile qu'elle crée. Par associations spontanées de couleurs, de plans, d'images, de références. Nourrie des cultures du monde, éprise d'art et d'histoire, elle se fomente des rencontres inopinées qui ont le don d'éveiller notre attention. Et ceci pour une bonne cause : elle en fut la première étonnée et ravie. Peinture et découpages. Peinture et collages, Senel vous associera avec un vrai plaisir sans frontières le souvenir de toiles de maîtres qui ont marqué son imaginaire, comme "Les Ménines" de Velasquez, et celui des prouesses de vieux Peaux-Rouges de mondes laminés, des roses rouge vif et une jambe surgie d'on ne sait où.
Aller à la rencontre de ses toiles, c'est se garantir des découvertes vivifiantes. La détection de mondes autrement habités que ceux de l'ordre trop courant. A sa façon, Senel réinvente l'Histoire, nos histoires, l'art, la.peinture, notre imaginaire visuel. Poétique, l'art de Senel n'appartient à aucun des registres que nous connaissons et c'est sa richesse. Sa fraîcheur et sa nouveauté. C'est un art libre, sans autres balises que la conscience de ses propres règles.
La construction s'y détache par plans structurés, solides. Les impacts y sont clairs, précis. Les jeux de couleurs et de lumières orchestrés avec soin. Les détails surprenants, inventifs. L'imagerie féconde, ludique, explosive ou discrète selon les humeurs d'une créatrice qui se laisse porter, suprême discrétion, par le temps qui passe.
Roger Pierre Turine

18. « Art Partners Center », Artpartnerscenter.com, Anita Nardon

YASMINE SENEL
Elle porte la couleur en elle et le sens d'une figuration plurielle qui n'a jamais été le chaos. Elle est venue de Turquie à Liège où elle a fait de solides études et emporté des prix prestigieux dès l'Académie et malgré les vicissitudes de la vie et les inévitables heurts (que nous connaissons tous), elle n'a jamais abandonné ses pinceaux. La période actuelle a une autre respiration. L'image est plus large, elle occupe plus d espace mais ne refuse jamais l'intervention d'une image parallèle. Parfois, un paysage surgit derrière le personnage principal, un animal se surperpose à ce qui pourrait être un portrait trop sage. Le propos n'est donc pas de nous indiquer la chose à voir mais de nous inviter à pénétrer au cœur d'un tableau connu revisité ou d'une œuvre nouvelle pleine d'inventivité. La couleur est dense, profonde, même les jaunes les plus solaires peuvent être graves. L'image raconte quelque chose d'au-delà des mots, une histoire de vie qui palpite. En technique mixte, en peinture, qu'importe, le visiteur retrouve un rien d'enfance, des souvenirs quasi effacés et c'est toute la force de l'artiste cette histoire entièrement ré-inventée et qui finalement peut être à tout le monde. C'est ce qu'on appelle un beau voyage en peinture.
Anita NARDON.
www.artpartnerscenter.com

Haut de la page

19. Arts Antiques Auctions, novembre 2004, Roger Pierre Turine.
Mythologies en vrac
"Je prends des souvenirs, des signes, des symboles, plic ploc, des fragments de cul-ture que j'amalgame en renonçant à toute perspective...". Yasmine Senel confie aux couleurs le soin alors d'orchestrer entre eux éléments épars, profondeurs et contrastes. Comme la dame a de la patte et de l'enthousiasme à revendre, un besoin de peindre qui lui colle à la peau, ses images intrigantes et fertiles s'inscrivent dans notre champ visuel avec l'urgence des messages qui frappent au coeur et à l'instinct. C'est solide, construit, vibrant, vivant, empli de mystères et de références de mèche avec ces silences et ces musiques du fond des âges qui nous font voir des étoiles au bon moment. Senel nous raconte une vie, la sienne, qu'elle nous module au gré de ses propres découvertes, de ses implications instantanées dans des univers chargés de sens, qui se sont imposés à elle séance quasi tenante Des "Ménines" à "Blek-le-Roc", Yasmine Senel réactive notre imaginaire avec ses belles histoires à dormir éveillé. (rpt)

20. La Libre Culture - 23 mars 2005, Roger Pierre Turine
Rêveries solitaires de Grunert
Il y a des œuvres, rares, qui vous confient déjà des émotions - comprenne qui pourra - rien qu'en les abordant. Or, et c'est leur privilège à nul autre pareil, ce premier vrai bonheur du jour s'accompagne en ce cas, quasi automatiquement, d'un surplus si intense de félicités rayonnantes, qu'une complicité d'élection s'établit durablement, sinon définitivement, entre elle et vous.
Il en va bien ainsi de la peinture d'Andreas Grunert. Elle dégage une authenticité si radicale, et par là si évidente, qu'elle s'insinue en vous avec l'urgence des œuvres fortes, dont on pressent d'avance que l'on en disséquera les valeurs jour après jour, au fil du temps. Un gage réconfortant de longues immersions au royaume de l'art et des vérités originelles.
Si un tableau de Grunert s'impose souvent de plein fouet, la raison en est simple :
il réunit de concert et dans une harmonie indéniable une histoire aux apparences si insolites qu'elles attisent notre curiosité et une symbolique enveloppante qui lui con-fère son aura. Une ambiance et son compte rendu plastique. Le tout sans violence, car subtil, discret, épuré.
Et voilà qui en appelle à nos propres rêves, à nos voix intérieures venues de lointains insondables et secrets. La peinture de Grunert nous plonge en nos racines. Elle nous rend plus intelligents ! Le propos pourtant s'installe piano, deux ou trois images dans un halo de sobriété chromatique étalée d'une main qui sait le poids des matières, des espaces, des plages de réflexion. A la base des tableaux, une idée lentement affinée. Le peintre réfléchit sur sa place dans le monde ou, plus exactement, sur la place de l'individu au cœur d'un magma terrestre qui ne sort pas toujours grandi par les révolutions qu'y fomente l'être humain ! .
La présente exposition réunit une vingtaine d'années de travaux. L'œil s'y pose avec délice, la découverte s'avérant exemplaire du destin d'un artiste qui, fidèle à ses options, n'en développe pas moins une aventure passionnante parce que les surprises y font écho aux attentes et vice-versa. Proche par l'amitié d'un Max Neumann, Andréas Grunert va sa voie à lui, non moins tragique peut-être, mais plus sereine et surtout plus poétique.
Une toile de Grunert, même de format modeste, nous emmène pour le plus récurrent des voyages, au cœur de nous-même et d'un monde qui serait enfin habité d'essentiel. La métaphore y est constante, le vide et le plein s'y conjuguent au présent. Le rêve y joue sa note à califourchon sur les incertitudes.
Roger Pierre Turine

21. « Art Partners Center », Artpartnerscenter.com, Anita Nardon

ANDREAS GRUNERT
Né en 1947, il a été formé à Stuttgart et à Vienne, il est un véritable globe-trotteur de la peinture : USA, Canada, UK, Florence, il a aussi habité Anvers de 1990 à 1995. Ses grandes toiles ont été exposées à Bruges (92) et à Tongres (96) par la galerie Hugieia. La galerie d'Ys prend un fameux pari en défendant ses œuvres sur Bruxelles pour la première fois. Les amateurs d' art connaissent le dynamisme de l'Allemagne en matière d'art, ils seront donc ravis de découvrir des œuvres récentes de cet artiste présent dans de nombreux musées et collections. Réaliste, oui, mais avec poésie et une présence matérielle du vide révélée dans ses tableaux comme personnage à part entière. La silhouette ou l'objet sont entourés d'une sorte d'aura, comme dans une image que l'on a vue en rêve. Dans des couleurs sobres qu'il traite par masses ou en dégradé selon son humeur, il peut atteindre la fluidité de l'aquarelle. Véritable pays des merveilles, le monde selon Grunert est un ailleurs rempli d'affirmations et de contradictions, de promesses et de refus, sans oublier les situations parfois délirantes et totalement absurdes que chacun peut vivre au quotidien. Une peinture digne de notre époque qui vit entre la technologie de pointe et l'humain confronté à la machine qui la lui impose !
Anita NARDON.
www.artpartnerscenter.com

Haut de la page

22. Arts Antiques Auctions, mars 2005, Roger Pierre Turine.
Métaphorique
Retour heureux d'Andreas Grunert à l'enseigne d'une galerie belge. Pour avoir, hier, apprécié son pur talent, au moins égal à celui de son compatriote et ami Max Neumann, nous savons que ce nouvel envol bruxellois sera une réussite. Grunert a vécu à Anvers mais, depuis 1995 il s'en est retourné à Stuttgart, où il poursuit une belle carrière de peintre inspiré. À 58 ans, en pleine force de l'âge, ce réaliste poétique, comme on l'a parfois caractérisé, a l'art d'imposer ses toiles insolites par d'infinis détails, leur conférant ainsi une aura qu'on n'explique pas. Vertiges, allusions, illusions. rêves... Ses tableaux déclinent des images et des rapprochements inattendus alors que l'espace s'y octroie une ampleur rarement osée par d'autres peintres. Il y a du mystère, de la magie, de la poésie singulière dans ce travail. (rpt)

23. L'Echo - 23 décembre 2005, Colette Bertot
Papiers d'œuvres, un joli quatuor
Ils sont quatre. Trois Français, Gérard Alary, Georges Bru et Moris Gontard,
et un Allemand, Andreas Grunert, à occuper les cimaises de la Galerie d'Ys.
GEORGES BRU, le plus envoûtant des compères, né dans le Lot-et-Garonne en 1933, nous invente d'étranges personnages immobiles, boursouflés, affublés de têtes difformes, au front bas, au regard absent, empêtrés dans des chairs molles aux teintes d'un léger gris-bleuté. Mi-hommes mi-bêtes, ces monstres sortent de l'ombre pour dire une inquiétude latente.
Que ce soit une adipeuse Fat woman, un Personnage au béret un peu bêta, un cocasse Personnage au pompon rose, un Chien que ne renierait pas Giacometti ou un Animal bavant vautré au sol dans l'attitude sordide de la bête en agonie, tous ces êtres «mal dans leur peau et dans leur esprit», comme les décrit Alain Bosquet, laissent une impression de malaise et d'angoisse qui vient sans doute de bien plus loin que les tréfonds de l'imagination...
Tracés à la fine pointe du crayon, avec une abondance de détails et une technicité de graveur, les dessins de Bru conjuguent la perfection du trait et l'ironie sarcastique de l'homme qui tourne en dérision une secrète blessure. A ses côtés, Gérard Alary et Moris Gontard ont pris le chemin d'une exubérance mi-abstraite, mi-figurative mettant en image un langage informel et vif strié de fulgurances colorées inscrites parfois dans l'épaisseur de la matière telle cette Clé du mystère (de Gontard) où s'entrechoquent, dans le désordre, lignes convulsives, fougue bouillonnante et semblant de poissons sans nom tirant vers ailleurs un seigneur (à moins que ce ne soit un Roi mage) coiffé de rouge. Andreas Grunert quant à lui, né en Allemagne en 1947, a déjà beaucoup exposé dans son pays et nous vient avec une série d'œuvres aussi sensibles que mystérieuses mettant en exergue une forme de vide capable de servir de tremplin à toutes les réflexions poétiques touchant tant les êtres que les objets. Qu'il s'agisse d'anges venus d'ailleurs ou de partitions musicales.
Son Sans titre bouleversant de grâce et de dépouillement posé, avec délicatesse, à l'acrylique sur papier, évoque on ne sait trop pourquoi, une libellule fantastique nageant entre deux eaux ou une frêle enfant jouant à la femme «pour mieux interroger l'éphémère, l'impromptu, l'absurde des certitudes»...
Grunert fascine comme Bru dérange et l'on ne peut rester insensible à la force expressive de leurs contradictions qui fait la richesse de ce saisissant accrochage.
A ne pas manquer.
Colette Bertot

24. La Libre Culture - 16 novembre 2005, Roger Pierre Turine
PAPIERS D'OEUVRES
Alary, Bru, Gontard, Grunert: harmonie à la puissance quatre.
Un accrochage splendide à la Galerie d'Ys !
Si Gérard Alary, Georges Bru et Moris Gontard, tous trois Français, se connaissent et s'apprécient, l'Allemand Andreas Grunert les rejoint à point nommé. Reconvertis pour la bonne cause en mousquetaires d'un art aussi percutant que souvent intrigant, empli de mystères, de non-dits ou d'images en fusion, les quatre peintres nous prouvent, comme s'il allait de soi, que quatre personnalités aux facondes diverses peuvent fort bien se rencontrer et commettre de concert une exposition qui avoue tous les charmes de la complémentarité féconde.
Peintre elle-même, la galeriste Yasmine Senel n'est évidemment pas pour rien dans cet amalgame fructueux. Qui la connaît sait qu'elle fonctionne sur des coups de cœur assortis d'une juste perception des talents. La preuve nous en est fournie par cette heureuse rencontre, cette collusion fortuite de tempéraments qui, en se regroupant aux cimaises, jouent leurs partitions tout autant sur leurs dissemblances que sur leurs affinités.
Gérard Alary et Moris Gontard seraient plutôt des extravertis libérant leur trop plein de fougue par des traits qui fendent l'espace et le colorient d'urgences mi-figuratives, mi-abstraites, Georges Bru s'exprime tout en finesse, laissant le spectateur invariablement perplexe quant à ses intentions. Bru crée par ajustements inattendus, par associations complexes qui taquinent le subconscient. Andréas Grunert peint, pour sa part, en poète de l'équilibre déroutant entre temps et espace.
La bande des quatre fonctionne à merveille, chaque artiste ne faisant point d'ombre à son voisin, l'éclairant même plutôt d'une valeur ajoutée par la surprise de la bonne entente. C'est dire si cette exposition se déguste. Et se déguste d'autant mieux, qu'on y retrouve des plasticiens que notre pays a accueillis de longue date déjà. Des retrouvailles qui font plaisir en cette saison des feuilles mortes…
Roger-Pierre Turine

25. Le Soir - 3&4 décembre 2005, Danièle Gillemon
COUP DE CŒUR
Peindre, dessiner sur papier,
c'est aussi écrire

On ne dira jamais assez la puissance des peintures sur papier - pourvu qu'elles soient le fait d'un choix mûri et non d'un argument commercial du genre
" C'est plus facile à vendre" ! La Galerie d'Ys, à Bruxelles, en fait la démonstration avec le choix irréprochable de quatre artistes européens connus et confirmés, mais sans rapport entre eux. Leurs œuvres s'accordent pourtant mieux que bien aux cimaises et se mettent mutuellement en valeur. Quelque chose d'irréductible à la somme des vingt ou vingt-cinq dessins réunis émane de l'exposition. Une écriture, infiniment variée, faite de liberté et d'expérience, de spontanéité et de maîtrise, de tension et de dénouement. Et qui, tout autrement que le tableau, livre l'intimité de l'œuvre, l'épaisseur de son vécu, parfois son envers ou, du moins, son biais.
La vraie raison d'un rapprochement réussi, où chacun fait valoir la singularité de l'autre sans sacrifier la sienne, réside aussi dans l'intérèt que la galeriste Yasmine Senel, également artiste, porte à l'intelligence de ces papiers. Dans la conviction qu'ils représentent la part émergée de démarches longuement mûries, et non quelque pro-duit annexe. Ainsi, le Français Georges Bru a toujours affectionné les ambiances feutrées et les portraits décalés, troublants à force de suave « anormalité ». Et les dessins « africains » de Gérard Alary sonnent avec une belle ampleur, dans les marges de I'œuvre peint. Moris Gontard apparaît complexe, riche. Là où Andréas Grunert montre parfois un visage économe, presque minimal. Il est celui des quatre, peut-être, dont les bribes figurées, les ombres portées, allusives, s' approprient le mieux le temps et l'espace.
Danièle Gillemon

26. Arts Antiques Auctions, mars 2006, Roger Pierre Turine.
Un art de la déflagration
Jean-Gilles Badaire revient à Bruxelles et c'est toujours un petit événement. Cette fois, c'est avec ses créatures mystérieuses qui balafrent la toile de visions surprenantes,monstrueuses ou tranquilles effigies prises dans la matière et les couleurs.
Avec ses peintures gorgées de signes,de mythes, de secrets comme enclos dans la nuit des temps. Avec ses formes, ses masques ses élans. Avec ses contes à dormir debout et ses histoires sans histoire. Avec sa manière particulière de se jouer des contraintes et d'ordonner sa toile en conquérant de la liberté créatrice. Badaire revient à Bruxelles, dites-le autour de vous.(rpt)

27. Le Soir - 8 mars 2006, Danièle Gillemon
Ampleur d'écriture, souffle, poésie, sauvagerie bien contrôlée, la beauté de ces bâches libres et brutes, d'un format substantiel, est un cadeau du ciel. Du moins peut-on les prendre comme ça tant l'air du large africain y pénètre généreusement, balayant les tiédeurs habituelles, les pâles emportements. Paysages emblématiques extrêmement lyriques mais taillés à la serpe, ils sont nés des songes et des souvenirs d'un rêveur de la grande Afrique. Jean-Gilles Badaire (Bourges, 1951) en ramasse les composantes en formules archétypales puissantes, combinant ferveur et nostalgie à travers une dynamique vibrante de tons vifs et de lignes heurtées. Le fond de la toile est presque toujours visible, ajoutant à la vivacité de l'impression. Et une rythmique âpre scande ces grands dessins peints, racontant les espaces où le peintre a vibré à l'unisson des cultures traditionnelles. Elles demeurent sous la forme résiduelle d'un objet, d'un symbole qui dicte sa loi à la toile entière. Brun des pirogues, rouge du soleil et du sang versé, bleu du ciel et blanc ivoire des carcasses, ils sont la chair de cette vaste et très inspirée métaphore.
Danièle Gillemon

28. La Libre Culture - 22 mars 2006, Roger Pierre Turine
Les falaises de Badaire
Une exposition comme on en redemande ! Le parcours momentané d'un homme, qui plus est peintre justement réputé, dans des espaces habités, chargés d'histoires, d'épopées même et de drames. Jean-Gilles Badaire a beaucoup voyagé à travers l'Afrique, du pays Dogon à d'autres lieux voisins, comme lui chargés d'odeurs et d'impalpable envoûtant sous ses allures de manque de tout. L'Afrique rit plus qu'elle ne pleure et c'est sa force. La peinture de Badaire chante, fût-ce en sourdine, plus qu'elle ne revendique, et c'est sa noblesse. Toiles bistre à même le mur blanc. Dessins délicats relevés de vert, d'un rien qui vibre. Des falaises comme des graphismes abstraits, des falaises pourtant. Des falaises et des habitats et, donc, des gens, sous l'apparence d'une nudité. Des falaises et des symboles de vie enfouie dans le sol sablonneux, échelle de grenier, canari, chemin escarpé. Badaire joue à merveille avec l'espace et la lumière, avec les déclinaisons couleur de terre, de lune, de vie. (R.P.T.)

Haut de la page

29. «Mémoire de l'art » - mars 2006, Anita Nardon

Jean-Gilles Badaire et le signe juste à
la Galerie d'YS de Bruxelles
Depuis 1990, nous avons l'habitude de le retrouver et ses expositions ne sont jamais synonymes de ronron sur le coussin des modes. Avec Jean-Gilles Badaire (° Bourges 1951), toutes les découvertes sont possibles. Ecrivain, il a publié des récits souvent autobiographiques, mais il a surtout illustré les livres des autres.
Les meilleurs éditeurs (grands ou petits) ont fait appel à son talent et la liste est fort longue des ouvrages qu'il a illustrés. Du livre de Giuseppe Ungaretti à propos de Leopardi à de nombreux titres de Joël Vernet, l'œuvre de Jean-Gilles Badaire épouse la pensée et le langage des écrivains tout en poursuivant sa propre création.
Il va d'exposition en exposition d'Orléans à Etretat et de Beyrouth à Bruxelles, et figure dans les expositions collectives les plus diverses et surtout celles de qualité.
Ses dessins racontent, ce ne sont ni images fixes, ni traits gratuits, chaque coup de pinceau est pensé pour exprimer quelque chose qui vient de loin, des émotions profondes et des chagrins sublimés.
Il y a depuis plusieurs années une forte présence animalière, mais ce sont des animaux entre légende et aspect naturel, parfois ils sont ambigus, tête animale et corps d'homme. On plonge alors dans les temps les plus lointains de la peinture, le temps de l'Egypte et de ses dieux hybrides.
Ailleurs, le paysage montrant un village ordinaire dérape complètement pour finir sous la forme d'une toupie en pleine rotation. Ce constat de l'agitation du monde s'impose comme une leçon de sagesse.
Son travail se rapproche de l'art en marge par sa sincérité et de l'expression enfantine par sa simplicité, sa fraîcheur et sa générosité.
Il y a à travers l'œuvre de Badaire une mise en valeur des techniques mixtes que trop d'artistes confondent avec des mélanges. Utiliser la technique mixte, c'est chercher dans chacune des "recettes" de la peinture le meilleur de son pouvoir suggestif. La chose est ici particulièrement réussie dans l'énorme éventail de travaux que l'artiste a produits comme autant de gestes généreux.
Il faut voir ce peintre qui fait d'un simple signe + , par exemple, un trait guide qui entraîne le visiteur à travers un horizon toujours vaste et lumineux, un horizon d'espoir.
Anita NARDON
 Haut de la page

30. « Expositions » - La Libre Culture - 25 octobre 2006, Roger Pierre Turine

L'art étrange de Yasemin Senel
Il suffit qu'elle nous dévoile de nouvelles peintures pour que nous nous sentions engagés sur des chemins inédits ! Sa façon de procéder semble pourtant immuable et se confectionne au fil même de l'avancement du tableau.
Car, ce qui pousse Yasemin Senel à entamer une toile blanche, d'ailleurs sans peur ni reproche, c'est un besoin pressant de jouer avec les pigments, les formes et les volumes, d'une part, et, de l'autre, le plaisir de brouiller aussitôt des pistes trop linéaires, ou déja vues et explorées, par l'ajout d'images - un paysage, un portrait, une nature morte, etc. - qui, découvertes dans un magazine, ont arrêté son son regard de peintre sur des sensations en accord avec quelque chose de plastiquement appréciable.
Découpée sur le champ, l'image est bentôt encollée sur la toile et, à partir de cet intrusion à l'effet souvent des plus inattendus, va se développer tout un monde étrange et accaparant. Le mystère Senel surgit de cette alchimie savamment conduite, puis orchestrée dans la surprise que déclenchent les associations d'images et d'idées d'une artiste elle-même totalement inattendue. Ou, à tout le moins, inattendue par des rencontres fécondes et inédites qu'elle suscite en nous par le biais de ses peintures. Des peintures tout en même temps images et morceaux de bravoure plastique. Car, si les rencontres, dans ses tableaux, apparaissent fortuites, presque surréalistes, décapantes ou magiques, l'ensemble ainsi composé tient la route avec l'assurance d'heureux mariages de rythmes et de couleurs.
Loin d'avoir, chez elle, à chercher midi à quatorze heures, il faut se laisser bercer par la relative incongruité des mélanges opérés, laisser gamberger son imagination dans l'espace infini du rêve, se réjouir face à ces toiles aux histoires aussi multiples que leurs attraits visuels et poétiques. Ici, l'imagination a pris le pouvoir !

 Haut de la page

31. « Expositions » - La Libre Culture - 17 octobre 2007, Roger Pierre Turine

Les mystères de Georges Bru
Georges Bru est bien connu des Bruxellois, puisqu'il y a trente ans déjà, il exposa dans une galerie aujourd'hui disparue. Aussitôt son coup de crayon, infiniment patient et méticuleux, fit mouche et ses admirateurs se comptent toujours par centaines. A une technique magistralement précise et sensible, Bru ajoute cette sorte d'aura qui, joignant l'éthique à l'esthétique, confère aux œuvres une valeur supérieure, la seule qui vaille en définitive. Qu'est un art purement formaliste, sinon un art vide de sens ! Quant à la profondeur des sentiments sans l'once de techni-que nécessaire, elle s'écrase tout aussi vite.
Avec Bru, vous avez, l'infiniment subtil en sus, ce que l'art peut donner de mieux : une œuvre pleine et entière qui réjouit autant qu'elle éveille les consciences. L'artiste ne veut rien prouver pour autant, rien imposer. Il se contente de vous partager un monde, un univers, dans lequel il se meut avec l'aisance de la fourmi qui engrange sa subsistance sans faiblir. Bru, pour sa part, engrange le suc de ses interprétations d'une existence qui a bien d'autres paramètres à saisir que ses seules occupations quotidiennes plus ou moins vulgaires.
Bru quête l'au-délà des images, des signes et du temps.Et comment procède-t-il ? Le plus simplement du monde, en nous dessinant des êtres, des visages empreints de tous les mystères d'une planète qui ne serait pas ce qu'elle est sans, justement, ces brumes, ces songes, ces réalités intrigantes qui la peuplent d'inconnues. "Personnage au cerceau", "Relecture d'une femme, "Personnage connu", "Personnage à la vessie", "Personnage en reine de Saba", «Un beau bébé"... Bru jongle avec les visages joufflus aux mines plus ou moins patibulaires engoncées en leur for intérieur. Il s'amuse de leurs regards rentrés, vaguement inquiets et plus sûrement fermés sur leur quant à eux. Les attitudes énigmatiques de ses sujets dégagent pourtant des énergies, des dynamiques, des tendresses même, bien au-delà de leurs évidences premières.
Le monde de Bru est un monde peut-être à part, vaguement surréel, il n'en est pas moins un monde qui requiert notre attention. "Personnage borné" ou "Personnage triste"; les personnages de Bru sont toute une humanité avec ses errances, ses inquiétudes, ses lassitudes, ses émois. Une superbe exposition !

Haut de la page
32. « Expositions » - La Libre Culture - 2 mai 2007, Roger Pierre Turine
 hautHaut de la page
33. « Expositions » - La Libre Culture - 3 janvier 2008, Roger Pierre Turine
 hautHaut de la page
34. « Expositions » -Bruxelles News - 11 janvier 2008, Anita Nardon
 hautHaut de la page
35. « Expositions » - La Libre Culture - 26 novembre 2008, Roger-Pierre Turine
36. « Expositions » - La Libre Culture - 31 décembre 2008, Roger-Pierre Turine
37. L'Echo - Mars 2009, Colette Bertot
38. Art Libre - Mars 2009, Roger-Pierre Turine