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| Galerie
d'YS | Revue de presse |
1. « Expo », Weekend
Le Vif/L’Express, 29 novembre 2002, Anne
Hustache.
VISION CONTEMPORAINE. Peint au XVe siècle par Jan Van Eyck,
« L’Agneau mystique » a
révolutionné l’histoire de
l’art. L’agneau, symbole du sacrifice divin, fut un
thème très abondamment
représenté durant le Moyen Age. Ce
thème, lié à la religion catholique, a
dorénavant disparu des thématiques modernes.
L’occasion pour cette exposition, organisée dans
une nouvelle galerie bruxelloise, de reprendre ce symbole et regrouper
principalement des peintures, des photos et des collages.
2. « Art Bruxelles », Arts
Antiques Auctions, Guy Gilsoul et Wim Toebosch.
GALERIE D'YS. Les
peintures de Yasemin SENEL sentent la forêt des sorciers, la
terre des danses primitives, le feu des rites initiatiques. Dans un
entrelacs de gestes et de signes, on suppose un corps, une feuille, un
arbre. Un personnage se dresse. Il a l’allure d’un
personnage de Basquiat. Il ne vient pas d’ici et se cherche
une identité. Il chasse, il passe entre les bleus vifs, les
ocres verts et les coulures rouges. Il côtoie le loup noir et
peut-être un serpent. Il voit un oiseau, tracé
finement au trait, une fleur pousse à
l’avant-plan. Le peintre remplit les vides, remplit les
formes puis, soudain, tout s’immobilise.
L’œuvre peut quitter l’atelier.
3.
« Culture », Le
Vif/L’Express, 9 mai 2003, Guy Gilsoul.
Art : Expressionnisme pas mort. […] Dans le même
registre, mais davantage marqué par l’univers de
Basquiat, notons le retour aux cimaises de Yasemin Senel. Autant De
Poortere construit, autant Senel se plaît dans le
surgissement des figures, masques et autres fragments venus des
profondeurs de ses forêts intérieures.
4.
« Art Partners Center »,
Artpartnerscenter.com, Anita Nardon.
YASEMIN SENEL. Yasemin Senel (1953) est née en Turquie mais
tout comme son compatriote Mehmet Aydogdu, elle a
étudié à Liège, les voies
de l’émigration ont parfois de ces
détours ! Etudiante, elle emporte le prix Liard et le prix
Jamar et à peine sortie de l’Académie,
elle plonge dans le monde des expositions où elle
révèlera au fil des années un
tempérament très particulier. Fleurs, pesonnages
et éléments de natures mortes se
mélangent en un mariage aux couleurs puissantes,
véritable kaléidoscope qui retient le regard. Les
choses se sont un peu calmées avec le temps mais la
multiplicité de l’image reste de mise. Une chute
de cheval ne peut être ordinaire, on y devine des traces de
conquérants traversant les contrées
désertiques. Ailleurs l’œuvre est au
rouge avec palmiers au bord d’oasis où rode le
danger. Plus sobre est le prophète-pèlerin seul
sur la route si ce n’est la présence
d’un grand chien-loup et d’oiseaux qui le suivent
discrètement. Ainsi, au fil des œuvres, le
spectateur peut se raconter une histoire de peaux-rouges ou subir la
menace d’un aigle noir. A l’acrylique ou en
techniques mixtes, Yasemin Senel s’exprime avec une grande
liberté d’invention mais de la rigueur dans
l’exécution. Un beau tempérament de
peintre.
www.artpartnerscenter.com
5.
« Expositions », La Libre Culture,
28 mai 2003, Roger Pierre Turine.
Peaux-Rouges et Aigles Noirs
Images votives de Yasemin Senel
On l’avait connue aux commandes d’une palette
expressive et tranchante, on la retrouve, avec le même
plaisir, dans un registre sinon totalement différent, du
moins plus allusif, davantage empreint de réminiscences
sacrales. Yasemin Senel, la quarantaine entamée, joue avec
efficacité le rôle d’une
espèce de voyante habile à remonter un temps
différent, puisqu’il relève
d’idéologies et d’empreintes dont le
monde pare toujours, quelque part, son imaginaire.
Illusions, croyances et vérité sont
emblématiques de ses développements plastiques
quand collages et effusions lyriques se combinent pour nous fomenter de
chatoyantes diversions historiques entre culture et
réinterprétation des
événements, des traditions. Oscillant entre des
évocations de Négus, de l’Agneau
mystique, de l’Aigle noir indien, du pèlerin de
passage, Senel dynamise et diversifie avec beaucoup de verve et de
couleurs notre champ optique.
6.
La Libre Culture - 1
octobre 2003, Roger Pierre Turine.
Julia Dorado
Venue d'Espagne, Julia Dorado a longtemps pratiqué
l'informel avant de s'en venir à une peinture volontiers
par-tagée entre figuration et abstraction. La peinture est
sa quête primordiale. Ce qui se ressent bien quand on aborde
un travail auquel le collage apporte également une valeur
ajoutée. Si les grands formats peuvent laisser une
impression de fourre-tout déclinant une lecture
approximative, ses petites natures mortes sont si sensibles, si
concentrées qu'on a du mal à s'en
détacher. Une découverte incontestable et le
désir déjà d'en voir davantage.
(R.P.T.)
-
7.
« Art Partners Center »,
Artpartnerscenter.com, Anita Nardon
CAROLINE PIROTTE
Caroline Pirotte est née à Verviers (1971), a
étudié à La Cambre et elle pratique
avec un égal bonheur la peinture à l'huile, la
technique mixte, le collage, le monotype, la gravure et le dessin au
fusain. La vie l'ayant menée vers Liège, elle
s'est davantage tournée vers l'Allemagne et a peu
exposé à Bruxelles. Ses huiles et techniques
mixtes sur toile ont quelque chose d'Italien dans la
représentation de l'humain qui occupe souvent le premier
plan. Il y a une forte vibration dans cette présence
anonyme, un rien mystérieuse mais chaleureuse. Dans ses
dessins à l'encre de Chine quelque chose se passe dans le
non-dit. Les silhouettes ont gagné encore en
mystère et leur rôle semble d'être des
interprètes de quelque grande œuvre musicale.
L'artiste (peu connue dans la Capitale) a surpris tout le monde en
emportant haut la main le concours Charles Swyncop de l'an dernier
à Ixelles. Son œuvre à la fois tendre
et forte balance entre vigueur et fragilité, ce en quoi elle
est à l' image même de l'homme et de ses
contradictions. A découvrir absolument.
Anita NARDON.
www.artpartnerscenter.com
8.
Artenews,
novembre 2003, Justine Jacquemin
L’HUMANISME PICTURAL DE CAROLINE PIROTTE
Il existe pour un peintre bien des façons de se livrer au
blanc vertigineux de la toile. Tant de risques aussi
d’évacuer cet attrait premier du vacant pour en
combler à tout prix le souffle qu’il
recèle au profit des « choses ».
Caroline Pirotte, quant à elle, retient de cette surface les
éblouissements possibles, les apparitions prêtes
à affleurer pour qui sait les susciter et
modérer, de celles qui s’imposent, les plus
prégnantes manifestations. Dans cette zone encore
indéfinie de l’acte, elle réfute
l’anecdote du lieu pour exalter le champ de
l’oeuvre. Accueillir, donc, au sein même de la
surface. Sur elle et en elle, par le tracé d’abord
léger, poser la matrice des genèses à
venir. Le trait, alors, peut s’aiguiser. Précis,
il se fait successivement ombre et objet, il tisse ses
réseaux dans un espace limpide,
libéré. Au dessin se mêle le fluide, la
peinture qui dresse les plans d’un monde aux structures
apparentes. Ces deux variables se soutiennent, se lient, se repoussent
parfois, revendiquant leur identité propre. En surgissent
ainsi de légères architectures auxquelles
répondent les obscures volontés de la peinture et
de l’encre. Mais le geste est toujours confiant, mature,
impeccable. Les couleurs discrètes, mais pas
éteintes, sont encore vibrantes du feu qui les a
traversées. C’est une peinture qui emprunte
à la terre et à l’homme; elle puise
dans la première ses teintes et ses matières,
tandis qu’elle fait du second son sujet principal. Le monde
évoqué à travers ces toiles est
construit autour de l’homme qui en est le dieu et
l’unique créature, être
d’avant les schismes et les heurts, harmonieusement uni
à son milieu. Caroline Pirotte développe un
réel humanisme pictural; plaçant
l’homme au centre de ses interrogations artistiques, elle en
fait le sujet de son étude et de son œuvre.
À rebours du post-modernisme actuel, éreintant de
citations stylistiques, elle renoue avec l’essence
même de l’esprit de la Renaissance.
Celui-là qui, tentant de se libérer de ses
fétiches et de ses ombres, aspirait à une
connaissance lumineuse et objective de l’être
humain. Elle y ajoute cependant une dimension plus actuelle: celle du
doute existentiel qui relativise les triomphantes avancées
du savoir. C’est pourquoi, justement, ses personnages en
attente évoquent également des temps plus
primitifs, où, confronté à
lui-même et à un environnement
indompté, l’homme cherchait sa place.
Quête inassouvie de notre humanité toujours
fragile, après des millénaires de civilisations
et des centaines de dieux…
Outre ce voyage temporel, la peinture de Caroline Pirotte est la
métaphore d’une introspection, la
représentation épurée et grave de
l’âme humaine. À l’issue de
ces méditations sensorielles, chaque tableau est la
projection d’un certain niveau de conscience. Les encres
évoquent des réminiscences enfouies, les toiles
révèlent l’expression de
l’instinct et des pulsions élémentaires.
Caroline Pirotte est une jeune peintre. À trente ans, elle
maîtrise une œuvre ambitieuse, intelligente et
sensible qu’elle a incontestablement les moyens de prolonger
pour notre fascination future. Elle a encore à nous donner
de troublantes interrogations, avec une foi absolue dans
l’acte de peindre.
Justine Jacquemin
9.
Arts Antiques Auctions, novembre 2003, Roger Pierre
Turine.
L'œuvre de Caroline PIROTTE s'enracine dans une
manière qui prit son essor avec les retours à la
figuration des années 80. Le propos se concentre sur
l'apparition de la figure humaine dont l'émergence des
fonds, souvent noyés par l'encre ou la
térében-thine, se fait au prix de petites luttes
graphiques et de bagarres entre contour et volumes, apparitions et
disparitions, taches, tracés et hasards. Les plages, les
feuillets se lisent ainsi par ruptures d'échelles
inter-posées, espaces distendus, fragments
ajoutés, face, profils et calligraphies
spon-tanées. L'homme, donc, s'y lit. Ce sont des pages
d'écriture.
10.
Elle Déco, novembre 2003, Nadine Neuckens.
CAROLINE PIROTTE
Ou une extraterrestre aux œuvres vraies... N'a-t-elle pas eu
ce privilège de se voir consacrer une exposition personnelle
à la Galerie D'Huysser au Sablon quelques mois seulement
après l'obtention de son diplôme... Certains ont
parlé d'intrusion dans les espaces ouverts,
d'éblouissement, d'œuvres à double
métaphore, d'un nouvel ordre des choses... Ne faut-il pas
simplement apprécier son travail d'affleurement du sensible
et de la réflexion... Quoi qu'il en soit, la performance est
artistique.
11.
La Libre Culture - 5
novembre 2003, Roger
Pierre Turine.
Les espaces
habités de Caroline Pirotte
C'est en combinant
astucieusement forme et expression que Caroline Pirotte nous intime le
désir de pénétrer ses images en ne les
prenant pas d'abord pour ce qu'elles sont au premier degré,
de subtiles et superbes mises en scène du drame humain, mais
plutôt pour ce qu'elles ont de fondamental : leur part de
mystère, leur implication identitaire. Ce qui
n'empêche nullement, au contraire, que l'on tienne compte de
la qualité formelle, si effective en l'occurrence, d'une
mise en espace au moins aussi interpellante que la tension
dégagée. Ces qualités
conjuguées sont particulièrement captivantes dans
les petites œuvres, plus dépouillées,
plus "urgentes", plus lisibles. (R.P.T.)
-
12.
La Libre Culture - 24
décembre 2003, Roger Pierre Turine.
Badaire peintre et
illustrateur
On ressent sa peinture
nerveuse et tendue comme le don d'une imagination fertile et sereine.
Jean-Gilles Badaire avait exposé à Bruxelles il y
a une décennie. Le retrouver aux. cimaises ou en regard
d'écrits est un plaisir d'autant plus vif que l'artiste est
allé son chemin devant lui. Grandes bâches peintes
et techniques mixtes sur papier s'y disputent le rôle de nous
aguicher avec des urgences, des trouvailles, une poésie au
diapason des jeux de couleurs, des rêves d'Afrique, de ces
bouts de natures plus vivantes que mortes. Réjouissances
plastiques, les œuvres de Badaire déclinent des
odeurs, des saveurs, des libertés toniques et sensibles, un
imaginaire omniprésent. (R.P.T.)
13.
« Art Partners Center »,
Artpartnerscenter.com, Anita Nardon.
Jean-Gilles Badaire
(1951) a exposé en galerie chez nous en 1992.
C'était à La Papeterie où ses toiles
fortement imprégnées de couleurs,
traitées en technique mixte semblaient faire appel
à des souvenirs d'enfance. Et puis un certain silence s'est
installé chez nous mais l'artiste n'a pas cessé
d'exposer (et de travailler) et de Blois à Lyon, de Tarbes
à Strasbourg, il a maintes fois signalé sa
présence. Quant aux collectives elles sont vraiment
très nombreuses sur son parcours. Il revient à
Bruxelles pour une exposition de maturité. On y retrouve les
techniques mixtes et le goût d'une couleur souvent
très dense qui joue pratiquement le rôle d'un
personnage aussi bien dans les toiles que dans les œuvres sur
papier. Il y a des sortes de fruits savoureux et tentants, des
évocations d'ambiance ou des rêves animaliers
où le plus bête n'est pas toujours celui que l'on
croit. Les animaux de Badaire ont si bien regardé les
humains qu'ils en ont pris les tics et les manies. Dans cette
œuvre hors des courants à la mode, une
sensibilité. frémissante marque chaque
création. Il s'agit tout simplement de sentiments humains
exprimés librement et qui toucheront la
sensibilité du visiteur.
Anita NARDON.
14.
La Libre Culture - 3
mars 2004, Roger Pierre Turine
Les couleurs de Moris
Gontard
Nantais de 64 ans, Moris
Gontard, a démarré jeune dans la peinture. Avec
des fortunes diverses jusqu'à sa participation à
la Biennale de Venise en 1978. Depuis lors, sa présence
s'est affirmée tous azimuts et son actuelle exposition
bruxelloise confirme un talent qui, loin de se dérober aux
aventures, s'est imposé de constantes explorations.
Peinture, matières, couleurs ! Construction et
liberté.
La démarche de Gontard est essentiellement celle d'un
peintre ardent dans le combat avec la toile ou le papier. En dehors de
toute spéculation de mode, l'artiste se joue autant de la
figuration que de l'informel, associant volontiers ces deux
paramètres de l'art moderne en une seule et même
entité. Ce qui nous vaut de solides morceaux d'une
expression architecturée dans une profusion de
sonorités en tous genres. Car cette peinture-là
est aussi musique. Et danse, quand ses accords effervescents vous
entraînent dans une sarabande spirituelle du meilleur effet.
Ne redoutant ni les épaisseurs, ni les engorgements
chromatiques, Gontard déploie ses images avec la force
d'impact de celui qui se donne à fond à sa
tâche de révélateur
d'émotions. Mais un révélateur qui
aurait accordé à la peinture des droits exclusifs
d'investigation. Son travail sur la couleur est omniprésent,
vous saisit par sa franchise et n'a d'égal que sa faconde
à varier les intensités, du jaune au mauve, du
vert au rouge, toutes déclinaisons de tons à
l'appui d'une palette sourde aux atermoiements.
La peinture de Gontard s'apprécie dans la gourmandise, tant
elle est éclaboussante de ferveurs, de
références, de bonheurs dissous dans la
matière. Un vase ici, une église
là-bas, un faune plus loin, une ombre aussi... Les points
d'ancrage dans la réalité ou l'imaginaire s'y
fondent dans un halo de couleurs vibrantes, tactiles, chaudes et
magiques.
Roger Pierre Turine
15.
L'Echo - 4
juin 2004, Colette Bertot
LES PETITES SCENES DE MARIO GIGLI
Mario Gigli? Une
découverte.
Une heureuse surprise... ça arrive!
Au détour des rues d'Ixelles, une petite galerie sans
prétention expose quelques œuvres de Mario Gigli.
Un nom déjà qui sonne comme une
mélodie italienne...
Un travail ensuite qui transpire la spontanéité
et ce n'est pas fréquent. Coup de cœur, on
l'avoue,pour les toiles de Mario Gigli, né à
Mont-sur-Marchienne en 1956 et qui étudia la photographie
aux Beaux-Arts de Charleroi bien avant de passer au pinceau, ce qui lui
valut de participer à de nombreux concours dans cette
discipline et de glaner de nombreux prix.
Changement de cap. En 1996, notre homme obtient un diplôme en
peinture à l'Académie des Beaux-Arts d'Ixelles.
Depuis, il transpose sur toile, toujours marouflée, de
petites scènes, à décrypter comme des
hiéroglyphes racontant une histoire. Rien à voir
avec de la bande dessinée, les petits personnages de Gigli
s'activent avec le plus grand sérieux dans de petites cases
qui sont autant de mo-ments de vie dont l'artiste ne retient que
l'essentiel.
Les coloris sont pastels et doux, déclinés dans
la gamme chromatique des beiges, des gris, des bleus pâles
d'une discrétion retenue.
Les anecdotes se déchiffrent comme on ferait un jeu de
piste, en avançant à petits pas et en veillant
à ne perdre aucun moment de l'aventure.
Dans cette optique, cherchez La chèvre de Monsieur Seguin.
Traquez les palabres, le piquet, la fuite, la corde toujours plus
courte, l'approche du loup et l'issue fatale.
A la façon dont l'artiste peint ses personnages en
négatif, on sent ici qu'il fit ses premières
armes en photo. Ces images un rien effacées vont chercher
leur origine au tréfonds de la mémoire et,
quelque part, nous font complices de leur rythme endiablé.
Elles reflètent, à leur façon, tous
les sentiments humains — de la tendresse à la
colère, de la tristesse à la joie — si
difficiles à exprimer avec de simples mots.
Les toiles de Gigli, grouillantes de vie, disent les souvenirs
effacés d'un homme, parlant de lui par dessins
interposés.
Voyez 'Le jeu des familles'
décomposées, recomposées?…
Ils sont tous là. Les parents,les gamins,la leçon
de musique ou la petite bouffe du dimanche. Le ballon, le clebs, la
pose-réflexion, la discorde, la réconciliation.
Tout est dit dans la simplicité, avec une
délicatesse extrême et un sens du dialogue qui
laisse rêveur.
L'art de Gigli ne se contente pas de raconter la vie, il la met aussi
en musique.
Colette Bertot
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17.
La Libre Culture - 24
novembre 2004, Roger Pierre Turine
L'art
surprenant de Senel
Yasmine Senel n'aime rien tant que se surprendre elle-même!
Il faut la voir, l'entendre évoquer, en toute modestie et
sans l'once d'une fanfaronnade, la genèse de tel ou tel de
ses tableaux pour saisir à quel point l'artiste s'y est
impliquée corps et biens sans savoir, au départ,
quel en serait l'aboutissement ou, mieux encore, de quelle image forte
il serait le riche détenteur. Senel entre, en effet, en
peinture comme d'autres vont à l'abordage d'une entreprise
dont ils ne mesurent point quelle en sera l'issue... Pourvu qu'issue il
y ait.
Peintre et artiste jusqu'au dernier poil de son pinceau, de sa
boîte à couleurs, de son registre secret d'images
fortes, Yasmine Senel est une artiste pure, viscéralement
éprise de l'aventure de la création. C'est face
à sa toile qu'elle crée. Par associations
spontanées de couleurs, de plans, d'images, de
références. Nourrie des cultures du monde,
éprise d'art et d'histoire, elle se fomente des rencontres
inopinées qui ont le don d'éveiller notre
attention. Et ceci pour une bonne cause : elle en fut la
première étonnée et ravie. Peinture et
découpages. Peinture et collages, Senel vous associera avec
un vrai plaisir sans frontières le souvenir de toiles de
maîtres qui ont marqué son imaginaire, comme "Les
Ménines" de Velasquez, et celui des prouesses de vieux
Peaux-Rouges de mondes laminés, des roses rouge vif et une
jambe surgie d'on ne sait où.
Aller à la rencontre de ses toiles, c'est se garantir des
découvertes vivifiantes. La détection de mondes
autrement habités que ceux de l'ordre trop courant. A sa
façon, Senel réinvente l'Histoire, nos histoires,
l'art, la.peinture, notre imaginaire visuel. Poétique, l'art
de Senel n'appartient à aucun des registres que nous
connaissons et c'est sa richesse. Sa fraîcheur et sa
nouveauté. C'est un art libre, sans autres balises que la
conscience de ses propres règles.
La construction s'y détache par plans structurés,
solides. Les impacts y sont clairs, précis. Les jeux de
couleurs et de lumières orchestrés avec soin. Les
détails surprenants, inventifs. L'imagerie
féconde, ludique, explosive ou discrète selon les
humeurs d'une créatrice qui se laisse porter,
suprême discrétion, par le temps qui passe.
Roger Pierre Turine
18.
« Art Partners Center »,
Artpartnerscenter.com, Anita Nardon
YASMINE
SENEL
Elle porte la couleur en elle et le sens d'une figuration plurielle qui
n'a jamais été le chaos. Elle est venue de
Turquie à Liège où elle a fait de
solides études et emporté des prix prestigieux
dès l'Académie et malgré les
vicissitudes de la vie et les inévitables heurts (que nous
connaissons tous), elle n'a jamais abandonné ses pinceaux.
La période actuelle a une autre respiration. L'image est
plus large, elle occupe plus d espace mais ne refuse jamais
l'intervention d'une image parallèle. Parfois, un paysage
surgit derrière le personnage principal, un animal se
surperpose à ce qui pourrait être un portrait trop
sage. Le propos n'est donc pas de nous indiquer la chose à
voir mais de nous inviter à pénétrer
au cœur d'un tableau connu revisité ou d'une
œuvre nouvelle pleine d'inventivité. La couleur
est dense, profonde, même les jaunes les plus solaires
peuvent être graves. L'image raconte quelque chose
d'au-delà des mots, une histoire de vie qui palpite. En
technique mixte, en peinture, qu'importe, le visiteur retrouve un rien
d'enfance, des souvenirs quasi effacés et c'est toute la
force de l'artiste cette histoire entièrement
ré-inventée et qui finalement peut être
à tout le monde. C'est ce qu'on appelle un beau voyage en
peinture.
Anita NARDON.
www.artpartnerscenter.com
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19.
Arts Antiques Auctions, novembre 2004, Roger Pierre
Turine.
Mythologies
en vrac
"Je prends des souvenirs, des signes, des symboles, plic ploc, des
fragments de cul-ture que j'amalgame en renonçant
à toute perspective...". Yasmine Senel confie aux couleurs
le soin alors d'orchestrer entre eux éléments
épars, profondeurs et contrastes. Comme la dame a de la
patte et de l'enthousiasme à revendre, un besoin de peindre
qui lui colle à la peau, ses images intrigantes et fertiles
s'inscrivent dans notre champ visuel avec l'urgence des messages qui
frappent au coeur et à l'instinct. C'est solide, construit,
vibrant, vivant, empli de mystères et de
références de mèche avec ces silences
et ces musiques du fond des âges qui nous font voir des
étoiles au bon moment. Senel nous raconte une vie, la
sienne, qu'elle nous module au gré de ses propres
découvertes, de ses implications instantanées
dans des univers chargés de sens, qui se sont
imposés à elle séance quasi tenante
Des "Ménines" à "Blek-le-Roc", Yasmine Senel
réactive notre imaginaire avec ses belles histoires
à dormir éveillé. (rpt)
20.
La Libre Culture - 23
mars 2005, Roger Pierre Turine
Rêveries
solitaires de Grunert
Il y a des œuvres,
rares, qui vous confient déjà des
émotions - comprenne qui pourra - rien qu'en les abordant.
Or, et c'est leur privilège à nul autre pareil,
ce premier vrai bonheur du jour s'accompagne en ce cas, quasi
automatiquement, d'un surplus si intense de
félicités rayonnantes, qu'une
complicité d'élection s'établit
durablement, sinon définitivement, entre elle et vous.
Il en va bien ainsi de la peinture d'Andreas Grunert. Elle
dégage une authenticité si radicale, et par
là si évidente, qu'elle s'insinue en vous avec
l'urgence des œuvres fortes, dont on pressent d'avance que
l'on en disséquera les valeurs jour après jour,
au fil du temps. Un gage réconfortant de longues immersions
au royaume de l'art et des vérités originelles.
Si un tableau de Grunert s'impose souvent de plein fouet, la raison en
est simple :
il réunit de concert et dans une harmonie
indéniable une histoire aux apparences si insolites qu'elles
attisent notre curiosité et une symbolique enveloppante qui
lui con-fère son aura. Une ambiance et son compte rendu
plastique. Le tout sans violence, car subtil, discret,
épuré.
Et voilà qui en appelle à nos propres
rêves, à nos voix intérieures venues de
lointains insondables et secrets. La peinture de Grunert nous plonge en
nos racines. Elle nous rend plus intelligents ! Le propos pourtant
s'installe piano, deux ou trois images dans un halo de
sobriété chromatique étalée
d'une main qui sait le poids des matières, des espaces, des
plages de réflexion. A la base des tableaux, une
idée lentement affinée. Le peintre
réfléchit sur sa place dans le monde ou, plus
exactement, sur la place de l'individu au cœur d'un magma
terrestre qui ne sort pas toujours grandi par les
révolutions qu'y fomente l'être humain ! .
La présente exposition réunit une vingtaine
d'années de travaux. L'œil s'y pose avec
délice, la découverte s'avérant
exemplaire du destin d'un artiste qui, fidèle à
ses options, n'en développe pas moins une aventure
passionnante parce que les surprises y font écho aux
attentes et vice-versa. Proche par l'amitié d'un Max
Neumann, Andréas Grunert va sa voie à lui, non
moins tragique peut-être, mais plus sereine et surtout plus
poétique.
Une toile de Grunert, même de format modeste, nous
emmène pour le plus récurrent des voyages, au
cœur de nous-même et d'un monde qui serait enfin
habité d'essentiel. La métaphore y est constante,
le vide et le plein s'y conjuguent au présent. Le
rêve y joue sa note à califourchon sur les
incertitudes.
Roger Pierre Turine
21.
« Art Partners Center »,
Artpartnerscenter.com, Anita Nardon
ANDREAS
GRUNERT
Né en 1947, il a été formé
à Stuttgart et à Vienne, il est un
véritable globe-trotteur de la peinture : USA, Canada, UK,
Florence, il a aussi habité Anvers de 1990 à
1995. Ses grandes toiles ont été
exposées à Bruges (92) et à Tongres
(96) par la galerie Hugieia. La galerie d'Ys prend un fameux pari en
défendant ses œuvres sur Bruxelles pour la
première fois. Les amateurs d' art connaissent le dynamisme
de l'Allemagne en matière d'art, ils seront donc ravis de
découvrir des œuvres récentes de cet
artiste présent dans de nombreux musées et
collections. Réaliste, oui, mais avec poésie et
une présence matérielle du vide
révélée dans ses tableaux comme
personnage à part entière. La silhouette ou
l'objet sont entourés d'une sorte d'aura, comme dans une
image que l'on a vue en rêve. Dans des couleurs sobres qu'il
traite par masses ou en dégradé selon son humeur,
il peut atteindre la fluidité de l'aquarelle.
Véritable pays des merveilles, le monde selon Grunert est un
ailleurs rempli d'affirmations et de contradictions, de promesses et de
refus, sans oublier les situations parfois délirantes et
totalement absurdes que chacun peut vivre au quotidien. Une peinture
digne de notre époque qui vit entre la technologie de pointe
et l'humain confronté à la machine qui la lui
impose !
Anita NARDON.
www.artpartnerscenter.com
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22.
Arts Antiques Auctions, mars 2005, Roger Pierre Turine.
Métaphorique
Retour heureux d'Andreas
Grunert à l'enseigne d'une galerie belge. Pour avoir, hier,
apprécié son pur talent, au moins égal
à celui de son compatriote et ami Max Neumann, nous savons
que ce nouvel envol bruxellois sera une réussite. Grunert a
vécu à Anvers mais, depuis 1995 il s'en est
retourné à Stuttgart, où il poursuit
une belle carrière de peintre inspiré.
À 58 ans, en pleine force de l'âge, ce
réaliste poétique, comme on l'a parfois
caractérisé, a l'art d'imposer ses toiles
insolites par d'infinis détails, leur conférant
ainsi une aura qu'on n'explique pas. Vertiges, allusions, illusions.
rêves... Ses tableaux déclinent des images et des
rapprochements inattendus alors que l'espace s'y octroie une ampleur
rarement osée par d'autres peintres. Il y a du
mystère, de la magie, de la poésie
singulière dans ce travail. (rpt)
23.
L'Echo - 23
décembre 2005, Colette Bertot
Papiers d'œuvres, un
joli quatuor
Ils sont quatre. Trois
Français, Gérard Alary, Georges Bru et Moris
Gontard,
et un Allemand, Andreas Grunert, à occuper les cimaises de
la Galerie d'Ys.
GEORGES BRU, le plus envoûtant des compères,
né dans le Lot-et-Garonne en 1933, nous invente
d'étranges personnages immobiles, boursouflés,
affublés de têtes difformes, au front bas, au
regard absent, empêtrés dans des chairs molles aux
teintes d'un léger gris-bleuté. Mi-hommes
mi-bêtes, ces monstres sortent de l'ombre pour dire une
inquiétude latente.
Que ce soit une adipeuse Fat woman, un Personnage au
béret un peu bêta, un cocasse Personnage
au pompon rose, un Chien que ne renierait
pas Giacometti ou un Animal bavant
vautré au sol dans l'attitude sordide de la bête
en agonie, tous ces êtres «mal dans leur peau et
dans leur esprit», comme les décrit Alain Bosquet,
laissent une impression de malaise et d'angoisse qui vient sans doute
de bien plus loin que les tréfonds de l'imagination...
Tracés à la fine pointe du crayon, avec une
abondance de détails et une technicité de
graveur, les dessins de Bru conjuguent la perfection du trait et
l'ironie sarcastique de l'homme qui tourne en dérision une
secrète blessure. A ses côtés,
Gérard Alary et Moris Gontard ont pris le chemin d'une
exubérance mi-abstraite, mi-figurative mettant en image un
langage informel et vif strié de fulgurances
colorées inscrites parfois dans l'épaisseur de la
matière telle cette Clé du
mystère (de Gontard) où
s'entrechoquent, dans le désordre, lignes convulsives,
fougue bouillonnante et semblant de poissons sans nom tirant vers
ailleurs un seigneur (à moins que ce ne soit un Roi mage)
coiffé de rouge. Andreas Grunert quant à lui,
né en Allemagne en 1947, a déjà
beaucoup exposé dans son pays et nous vient avec une
série d'œuvres aussi sensibles que
mystérieuses mettant en exergue une forme de vide capable de
servir de tremplin à toutes les réflexions
poétiques touchant tant les êtres que les objets.
Qu'il s'agisse d'anges venus d'ailleurs ou de partitions musicales.
Son Sans titre bouleversant de grâce et
de dépouillement posé, avec
délicatesse, à l'acrylique sur papier,
évoque on ne sait trop pourquoi, une libellule fantastique
nageant entre deux eaux ou une frêle enfant jouant
à la femme «pour mieux interroger
l'éphémère, l'impromptu, l'absurde des
certitudes»...
Grunert fascine comme Bru dérange et l'on ne peut rester
insensible à la force expressive de leurs contradictions qui
fait la richesse de ce saisissant accrochage.
A ne pas manquer.
Colette Bertot
24.
La Libre Culture - 16
novembre 2005, Roger Pierre Turine
PAPIERS D'OEUVRES
Alary, Bru, Gontard, Grunert: harmonie à la puissance
quatre.
Un accrochage splendide à la Galerie d'Ys !
Si Gérard Alary, Georges Bru et Moris Gontard, tous trois
Français, se connaissent et s'apprécient,
l'Allemand Andreas Grunert les rejoint à point
nommé. Reconvertis pour la bonne cause en mousquetaires d'un
art aussi percutant que souvent intrigant, empli de
mystères, de non-dits ou d'images en fusion, les quatre
peintres nous prouvent, comme s'il allait de soi, que quatre
personnalités aux facondes diverses peuvent fort bien se
rencontrer et commettre de concert une exposition qui avoue tous les
charmes de la complémentarité féconde.
Peintre elle-même, la galeriste Yasmine Senel n'est
évidemment pas pour rien dans cet amalgame fructueux. Qui la
connaît sait qu'elle fonctionne sur des coups de
cœur assortis d'une juste perception des talents. La preuve
nous en est fournie par cette heureuse rencontre, cette collusion
fortuite de tempéraments qui, en se regroupant aux cimaises,
jouent leurs partitions tout autant sur leurs dissemblances que sur
leurs affinités.
Gérard Alary et Moris Gontard seraient plutôt des
extravertis libérant leur trop plein de fougue par des
traits qui fendent l'espace et le colorient d'urgences mi-figuratives,
mi-abstraites, Georges Bru s'exprime tout en finesse, laissant le
spectateur invariablement perplexe quant à ses intentions.
Bru crée par ajustements inattendus, par associations
complexes qui taquinent le subconscient. Andréas Grunert
peint, pour sa part, en poète de l'équilibre
déroutant entre temps et espace.
La bande des quatre fonctionne à merveille, chaque artiste
ne faisant point d'ombre à son voisin,
l'éclairant même plutôt d'une valeur
ajoutée par la surprise de la bonne entente. C'est dire si
cette exposition se déguste. Et se déguste
d'autant mieux, qu'on y retrouve des plasticiens que notre pays a
accueillis de longue date déjà. Des retrouvailles
qui font plaisir en cette saison des feuilles mortes…
Roger-Pierre Turine
25.
Le Soir - 3&4
décembre 2005, Danièle Gillemon
COUP DE CŒUR
Peindre, dessiner sur papier,
c'est aussi écrire
On ne dira jamais assez la puissance des peintures sur papier - pourvu
qu'elles soient le fait d'un choix mûri et non d'un argument
commercial du genre
" C'est plus facile à vendre" ! La Galerie d'Ys,
à Bruxelles, en fait la démonstration avec le
choix irréprochable de quatre artistes européens
connus et confirmés, mais sans rapport entre eux. Leurs
œuvres s'accordent pourtant mieux que bien aux cimaises et se
mettent mutuellement en valeur. Quelque chose d'irréductible
à la somme des vingt ou vingt-cinq dessins réunis
émane de l'exposition. Une écriture, infiniment
variée, faite de liberté et
d'expérience, de spontanéité et de
maîtrise, de tension et de dénouement. Et qui,
tout autrement que le tableau, livre l'intimité de
l'œuvre, l'épaisseur de son vécu,
parfois son envers ou, du moins, son biais.
La vraie raison d'un rapprochement réussi, où
chacun fait valoir la singularité de l'autre sans sacrifier
la sienne, réside aussi dans l'intérèt
que la galeriste Yasmine Senel, également artiste, porte
à l'intelligence de ces papiers. Dans la conviction qu'ils
représentent la part émergée de
démarches longuement mûries, et non quelque
pro-duit annexe. Ainsi, le Français Georges Bru a toujours
affectionné les ambiances feutrées et les
portraits décalés, troublants à force
de suave « anormalité ». Et les dessins
« africains » de Gérard Alary sonnent
avec une belle ampleur, dans les marges de I'œuvre peint.
Moris Gontard apparaît complexe, riche. Là
où Andréas Grunert montre parfois un visage
économe, presque minimal. Il est celui des quatre,
peut-être, dont les bribes figurées, les ombres
portées, allusives, s' approprient le mieux le temps et
l'espace.
Danièle Gillemon
26.
Arts Antiques Auctions, mars 2006, Roger Pierre Turine.
Un art de la
déflagration
Jean-Gilles Badaire revient
à Bruxelles et c'est toujours un petit
événement. Cette fois, c'est avec ses
créatures mystérieuses qui balafrent la toile de
visions surprenantes,monstrueuses ou tranquilles effigies prises dans
la matière et les couleurs.
Avec ses peintures gorgées de signes,de mythes, de secrets
comme enclos dans la nuit des temps. Avec ses formes, ses masques ses
élans. Avec ses contes à dormir debout et ses
histoires sans histoire. Avec sa manière
particulière de se jouer des contraintes et d'ordonner sa
toile en conquérant de la liberté
créatrice. Badaire revient à Bruxelles, dites-le
autour de vous.(rpt)
27. Le Soir - 8 mars 2006, Danièle
Gillemon
Ampleur
d'écriture, souffle, poésie, sauvagerie bien
contrôlée, la beauté de ces
bâches libres et brutes, d'un format substantiel, est un
cadeau du ciel. Du moins peut-on les prendre comme ça tant
l'air du large africain y pénètre
généreusement, balayant les tiédeurs
habituelles, les pâles emportements. Paysages
emblématiques extrêmement lyriques mais
taillés à la serpe, ils sont nés des
songes et des souvenirs d'un rêveur de la grande Afrique.
Jean-Gilles Badaire (Bourges, 1951) en ramasse les composantes en
formules archétypales puissantes, combinant ferveur et
nostalgie à travers une dynamique vibrante de tons vifs et
de lignes heurtées. Le fond de la toile est presque toujours
visible, ajoutant à la vivacité de l'impression.
Et une rythmique âpre scande ces grands dessins peints,
racontant les espaces où le peintre a vibré
à l'unisson des cultures traditionnelles. Elles demeurent
sous la forme résiduelle d'un objet, d'un symbole qui dicte
sa loi à la toile entière. Brun des pirogues,
rouge du soleil et du sang versé, bleu du ciel et blanc
ivoire des carcasses, ils sont la chair de cette vaste et
très inspirée métaphore.
Danièle Gillemon
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28.
La Libre Culture - 22
mars 2006, Roger Pierre Turine
Les
falaises de Badaire
Une
exposition comme on en redemande
! Le parcours momentané d'un homme, qui plus est peintre
justement réputé, dans des espaces
habités, chargés d'histoires,
d'épopées même et de drames.
Jean-Gilles Badaire a beaucoup voyagé à
travers l'Afrique, du pays Dogon à d'autres lieux voisins,
comme lui chargés d'odeurs et d'impalpable envoûtant
sous
ses allures de manque de tout. L'Afrique rit plus qu'elle ne
pleure et
c'est sa force. La peinture de Badaire chante, fût-ce en
sourdine, plus qu'elle ne revendique, et c'est sa noblesse. Toiles
bistre à même le mur blanc. Dessins
délicats relevés de vert, d'un rien qui vibre.
Des falaises comme des graphismes abstraits, des falaises pourtant. Des
falaises et des habitats et, donc, des gens, sous l'apparence d'une
nudité. Des falaises et des symboles de vie enfouie dans le
sol sablonneux, échelle de grenier, canari, chemin
escarpé. Badaire joue à merveille avec l'espace
et la lumière, avec les déclinaisons couleur de
terre, de lune, de vie. (R.P.T.)
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29.
«Mémoire de l'art
» - mars 2006, Anita
Nardon
Jean-Gilles
Badaire et le signe juste à
la Galerie d'YS de Bruxelles
Depuis 1990, nous avons l'habitude de
le retrouver et ses expositions ne sont jamais synonymes de ronron sur
le coussin des modes. Avec Jean-Gilles Badaire (° Bourges
1951), toutes les découvertes sont possibles. Ecrivain, il a
publié des récits souvent autobiographiques, mais
il a surtout illustré les livres des autres.
Les meilleurs éditeurs (grands ou petits) ont fait appel
à son talent et la liste est fort longue des ouvrages qu'il
a illustrés. Du livre de Giuseppe Ungaretti à
propos de Leopardi à de nombreux titres de Joël
Vernet, l'œuvre de Jean-Gilles Badaire épouse la
pensée et le langage des écrivains tout en
poursuivant sa propre création.
Il va d'exposition en exposition d'Orléans à
Etretat et de Beyrouth à Bruxelles, et figure dans les
expositions collectives les plus diverses et surtout celles de
qualité.
Ses dessins racontent, ce ne sont ni images fixes, ni traits gratuits,
chaque coup de pinceau est pensé pour exprimer quelque chose
qui vient de loin, des émotions profondes et des chagrins
sublimés.
Il y a depuis plusieurs années une forte présence
animalière, mais ce sont des animaux entre
légende et aspect naturel, parfois ils sont ambigus,
tête animale et corps d'homme. On plonge alors dans les temps
les plus lointains de la peinture, le temps de l'Egypte et de ses dieux
hybrides.
Ailleurs, le paysage montrant un village ordinaire dérape
complètement pour finir sous la forme d'une toupie en pleine
rotation. Ce constat de l'agitation du monde s'impose comme une
leçon de sagesse.
Son travail se rapproche de l'art en marge par sa
sincérité et de l'expression enfantine par sa
simplicité, sa fraîcheur et sa
générosité.
Il y a à travers l'œuvre de Badaire une mise en
valeur des techniques mixtes que trop d'artistes confondent avec des
mélanges. Utiliser la technique mixte, c'est chercher dans
chacune des "recettes" de la peinture le meilleur de son pouvoir
suggestif. La chose est ici particulièrement
réussie dans l'énorme éventail de
travaux que l'artiste a produits comme autant de gestes
généreux.
Il faut voir ce peintre qui fait d'un simple signe + , par exemple, un
trait guide qui entraîne le visiteur à travers un
horizon toujours vaste et lumineux, un horizon d'espoir.
Anita NARDON
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30.
« Expositions
» - La
Libre Culture - 25 octobre 2006, Roger
Pierre Turine
L'art
étrange de Yasemin Senel
Il
suffit qu'elle nous dévoile de nouvelles peintures pour que nous
nous sentions engagés sur des chemins inédits ! Sa
façon de procéder semble pourtant immuable et se
confectionne au fil même de l'avancement du tableau.
Car, ce qui pousse Yasemin Senel à entamer une toile blanche,
d'ailleurs sans peur ni reproche, c'est un besoin pressant de jouer
avec les pigments, les formes et les volumes, d'une part, et, de
l'autre, le plaisir de brouiller aussitôt des pistes trop
linéaires, ou déja vues et explorées, par l'ajout
d'images - un paysage, un portrait, une nature morte, etc. - qui,
découvertes dans un magazine, ont arrêté son son
regard de peintre sur des sensations en accord avec quelque chose de
plastiquement appréciable.
Découpée sur le champ, l'image est bentôt
encollée sur la toile et, à partir de cet intrusion
à l'effet souvent des plus inattendus, va se développer
tout un monde étrange et accaparant. Le mystère Senel
surgit de cette alchimie savamment conduite, puis orchestrée
dans la surprise que déclenchent les associations d'images et
d'idées d'une artiste elle-même totalement inattendue. Ou,
à tout le moins, inattendue par des rencontres fécondes
et inédites qu'elle suscite en nous par le biais de ses
peintures. Des peintures tout en même temps images et morceaux de
bravoure plastique. Car, si les rencontres, dans ses tableaux,
apparaissent fortuites, presque surréalistes, décapantes
ou magiques, l'ensemble ainsi composé tient la route avec
l'assurance d'heureux mariages de rythmes et de couleurs.
Loin d'avoir, chez elle, à chercher midi à quatorze
heures, il faut se laisser bercer par la relative incongruité
des mélanges opérés, laisser gamberger son
imagination dans l'espace infini du rêve, se réjouir face
à ces toiles aux histoires aussi multiples que leurs attraits
visuels et poétiques. Ici, l'imagination a pris le pouvoir !
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